Une contribution importante aux travaux de doctorat d’une biologiste de la faune Lauréate de la Bourse commémorative de la FCFDU en 2012

Joélle Taillon

La Bourse commémorative de la FCFDU qui me fut remise en 2012 a été l’une des plus importantes contributions financières reçues au cours de la dernière année de mon doctorat. Cette bourse m’a fourni la sécurité financière et l’indépendance voulues pour compléter ma thèse et m’a aussi permis de poursuivre mes activités de sensibilisation auprès d’auditoires généraux et scientifiques.

La bourse de la FCFDU m’a permis de me concentrer sur mon travail, de terminer la rédaction de ma thèse et d’en préparer la défense. Ce sont là des étapes importantes de toute étude doctorale et l’absence de contraintes financières fut une bénédiction.

C’est tout un honneur de recevoir cette bourse et une importante marque d’encouragement pour ceux et celles qui poursuivent des études postsecondaires. Je suis également très fière d’avoir été appuyée par un organisme venant en aide aux femmes qui font des études postsecondaires — et elles sont de plus en plus nombreuses — et réussissent à terminer des programmes de maîtrise et de doctorat. Enfin, le fait de pouvoir mentionner la bourse sur mon cv est un atout, puisque cela témoigne de la qualité de mon travail.


Après avoir travaillé pendant une année en Nouvelle-Zélande, j’ai décidé de revenir au Canada pour terminer mon doctorat à l’Université Laval, une université francophone de haut niveau qui effectue de la recherche de pointe sur les ongulés sauvages. Mes directeurs de thèse furent Steeve D. Côté, Ph. D. (Université Laval) et Marco Festa-Bianchet, Ph. D. (Université de Sherbrooke), tous deux des chefs de file du programme de recherche Caribou-Ungava (http://www.caribou-ungava.ulaval.ca/fr/accueil/). En 2013, j’ai obtenu mon doctorat en biologie; ma thèse s’intitulait : Condition physique, allocation maternelle et utilisation spatio-temporelle des aires de mise bas du caribou migrateur, Rangifer tarandus. Durant mes études doctorales, j’ai aussi collaboré à la première étape du programme de recherche Caribou Ungava, officiellement lancé en 2009. À l’heure actuelle, ce programme est dirigé par les chercheurs universitaires les plus chevronnés sur l’écologie des ongulés et plusieurs biologistes de la faune du gouvernement du Québec y participent.

Mes travaux de doctorat avaient pour principaux objectifs de mieux comprendre les facteurs qui influencent les déplacements, le choix et l’utilisation des sites de mise bas de deux troupeaux migrateurs du Nord-du-Québec et du Labrador de même que les facteurs qui influent sur la condition physique des femelles et des faons de la mise bas jusqu’au sevrage. Je crois que mes travaux vont aider à trouver les facteurs qui influent sur la dynamique des populations et mieux protéger les sites de mise bas des troupeaux de caribous migrateurs, reconnus comme étant des habitats critiques pour cette espèce. Très peu d’études ont mesuré les changements d’utilisation des aires annuelles, pourtant ces données sont essentielles à la protection de l’habitat.

À la lumière de nouvelles menaces, telles le développement industriel et les changements climatiques, je crois que les travaux accomplis dans le cadre de mon doctorat et les réseaux créés par des programmes de recherche, tels Caribou Ungava, sont très pertinents et essentiels à la survie du caribou migratoire. Je crois que les gestionnaires, les conservationnistes et les scientifiques s’intéressant aux populations déclinantes de caribou et de rennes sur l’ensemble de la région circumpolaire doivent rapidement obtenir plus résultats de recherche et collaborer ensemble.

Depuis que j’ai obtenu mon doctorat au début de 2013, je travaille à titre de biologiste de la faune pour le secteur de la faune du Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs du Gouvernement du Québec. Je suis présentement chargée de préparer les nouveaux plans de gestion pour les deux troupeaux migratoires du Nord-du- Québec. Mes tâches comprennent l’analyse de données en vue d’établir l’état des troupeaux et d’élaborer des objectifs de recherche et de gestion. De plus, la rédaction d’un plan de gestion se fait en collaboration de groupes de recherche (Caribou Ungava), de réseaux (CARMA), de biologistes de la faune des provinces du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador, et divers partenaires et intervenants préoccupés par la survie du caribou dans le Nord : agences gouvernementales (Québec et Labrador), peuples autochtones, Hydro-Québec, fédérations de pourvoiries et de chasseurs, et promoteurs industriels (p. ex., mines). C’est un grand défi.

Je crois que c’est le meilleur endroit où travailler si je veux utiliser mes connaissances à titre de chercheuse et de biologiste pour bâtir un projet d’avenir pour les caribous migrateurs du Nord- du-Québec.


PUBLICATIONS

Articles scientifiques (soumis à un comité de lecture)

Articles pour mes études doctorales

  • Taillon, J., P.S. Barboza et S.D. Côté. 2013. « Nitrogen allocation to offspring and milk
    production in a capital breeder ». Ecology, vol. 94, p. 1815-1827.
  • Ducrocq, J., G. Beauchamp, S. Kutz, M. Simard, J. Taillon, S.D. Côté, V. Brodeur et S. Lair.
    2012. « Variables associated with Besnoitia tarandi prevalence and cyst density in barren- ground caribou (Rangifer tarandus) populations ». Journal of Wildlife Diseases, vol. 49, p. 29- 38.
  • Forde, T., K. Orsel, J. De Buck, D. Cooley, S.D. Côté, C. Cuyler, T. Davison, B. Elkin, A. Kelly, M. Kienzler, R. Popko, J. Taillon, A. Veitch et S. Kutz. 2012. « Detection of Mycobacterium avium subspecies paratuberculosis in several herds of arctic caribou (Rangifer tarandus ssp.) ». Journal of Wildlife Diseases, vol. 48, p. 918-924.
  • Ducrocq, J., G. Beauchamp, S.J. Kutz, M. Simard, B. Elkin, B. Croft, J. Taillon, S.D. Côté, V. Brodeur, M. Campbell, D. Cooley, C. Cuyler et S. Lair. 2012. « Comparison of gross visual and microscopic assessment of four anatomic sites to monitor Besnoitia tarandi in barren- ground caribou (Rangifer tarandus) ». Journal of Wildlife Diseases, vol. 48, p. 732-738.
  • Taillon, J., V. Brodeur, M. Festa-Bianchet et S.D. Côté. 2012. « Is mother condition related to offspring condition in migratory caribou at calving and weaning? » Canadian Journal of Zoology, vol. 90, p. 393-402.
  • Taillon, J., M. Festa-Bianchet et S.D. Côté. 2012. « Shifting targets in the tundra: protection of migratory caribou calving grounds must account for spatial changes over time ». Biological Conservation, vol. 147, p. 163–173.
  • Taillon, J., V. Brodeur, M. Festa-Bianchet et S.D. Côté. 2011. « Variation in body condition of migratory caribou at calving and weaning – which measures should we use? » Ecoscience, vol. 18, p. 295-303.

Ouvrages

  • Prescott, J., J. Ferron et J. Taillon. 2013. Sur la piste des cervidés. Orinha media. 262 p.
  • Côté, S.D., M. Festa-Bianchet, C. Dussault, J.-P. Tremblay, V. Brodeur, M. Simard, J. Taillon,
    C. Hins, M. Le Corre et S. Sharma. 2012. « Caribou herd dynamics: impacts of climate change on traditional and sport harvesting », p. 249-269 dans M. Allard et M. Lemay (éd.) Nunavik and Nunatsiavut: From science to policy. An Integrated Regional Impact Study (IRIS) of climate change and modernization. ArcticNet Inc., Québec, 303 p.

Articles de vulgarisation

  • Taillon J. Hiver 2013-2014. « Le porc-épic ». Nature Sauvage. Sous presse.
  • Taillon J. Automne 2012. « Le vison d’Amérique : un prédateur qui n’a pas peur de se mouiller ». Nature Sauvage, p. 16-21.
  • Taillon J. Hiver 2012-2013. « Le morse : grand barbu marin ». Nature Sauvage, p. 16-21.
  • Taillon J. Automne 2012. « Le coyote : entre chien et loup ». Nature Sauvage, p. 16-21.